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Poesia

Jusqu’à preuve du contraire


bininuova19

Nous nous rencontrerons encore, il n’y a pas de doute.
Deux comme nous ne peuvent pas l’éviter,
tu penses  que le hasard  ne crée pas une occasion?
Peut-être ce ne sera que pour un seul instant,
un battement des cils improvisé,
dans une circonstance extraordinaire,
dans n’importe quelle pause inattendue.
Je ne connais  pas la raison de cette conviction,
c’est peut-être une assurance juvenile, une folie presque,
une pensée constante, une certitude,
un motif que je me repète à tout moment,
un mantra , une  quête, une angoisse probablement .
Je ne sais pas si à ce moment-là  il fera  nuit,
ou s’il fera jour ou ce sera à une heure différente.
Je ne sais pas  le lieu non plus,
ni si ce sera au soleil ou sous la pluie,
le moment  précis m’échappe.
Mais ce sont là des arguments  sans  importance,
nous sommes  autre  chose, le mien ce  n’est pas de l’espoir.
Nous nous sommes perdus pour nous retrouver de nouveau,
comme si nous voulions défier notre amour,
avec la certitude de le rendre meilleur,
avec la certitude de le rajeunir.
Ne te chagrine pas de mes cheveux blancs
Dès que je te verrai ils seront noirs
Là où tu es je le sais que tu es bien
là où tu es  je le sais que tu ne penses pas à moi,
mais nous nous rencontrerons, certes, il n’ya pas de doute,
deux comme nous ne peuvent pas l’éviter!
Te souviens-tu? C’était pour toujours, notre serment.

.

Fiorenza Dal Corso – Abner Rossi

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Poesia Teatro

Placebo


alba13

Qu’on me comprenne, parbleu!
La poésie n’est jamais tranquille,
ni du vent en poupe, ni des feuilles éparses,
ni des boutons de fleurs,

ni des papillons embrassant les roses.
.
Même pas des sentiments non vécus.
.
De ce que j’en sais, c’est une tranchée
où il n’y a pas de repos, ni de beau temps,
mais c’est de la sueur froide, de la fatigue dans le creusage,
un port incertain, une mer où affleurent les récifs,
c’est toujours un lent départ sans retour,
souvent un gâchis après l’abandon.
.
C’est de l’amour parfois, autant que de la haine au moins,
un chuchotement d’un sentiment désormais perdu
une fleur de disparition, un caprice, un apaisement.
.
Souvent c’est un placebo inutile
qui s’arrête sur la langue et la retient.
La mienne est douce, chère, aussi protectrice
qu’une femme qui ne sait  pas si elle m’aime .
.
Elle me fait couler à pic et me consume.

.

Abner RossiFiorenza Dal Corso

Immagine del Pittore Giampiero Bini

Lunedì 1 novembre 2021

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Poesia

Automne intime


On reconnaît  l’automne
aux sourires pressés de gens en retard,
au vent léger qui se lève à l’improviste
aux traces d’été et aux approches d’hiver.
.
On  reconnaît l’automne
au soleil chaud qui se brouille tout d’un coup
au fait qu’il  pleut malgré le ciel clair.
Il ne fait pas de promesses, l’automne
il est honnête et modeste, l’automne
rarement il exagère
il attise l’ attention, il ralentit.
.
C’est comme s’il savait ce qui suit
par habitude, par usage, par coutume.
C’est un mois d’oeufs, l’automne,
de plantation, d’ailes en partance,
de petits boutons en attente, d’enfants voulus.

.
Les poètes pédants parlent de feuilles mourantes,
ils ne regardent pas bien, ils sont souvent distraits
ils ne veulent pas savoir que l’automne prépare,
remet en état ce que l’été a détruit.


En amour aussi il ramasse, s’isole, rapproche,
il transforme les étreintes en une intime histoire secrète.

Abner Rossi – Fiorenza Dal Corso (11 ottobre 2021)

autunno
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Poesia

Détails


Un amour, le nôtre
où le gris se marie avec le bleu
recouvert de velours même l’été
et parfois froid comme lorsqu’il fait froid.
.
Jamais sobre à n’importe quelle heure,
plus profond que la mer quand elle est noire,
avec quelques récifs toujours à fleur  d’eau,
dangereux à cause des vents de tempête.

Il jouit de multiples horizons
et plus tu les désires plus ils s’éloignent.
Il n’a pas de ports et ne prévoit pas d’ arrêts
et le souffle est toujours une explosion.

Si je grimpe, je deviens fou dans tes  yeux,
si je descends , je me sens un gamin :
je retourne à mon village natal, à mes vingt ans,
nu, je plonge dans le ruisseau derrière ma maison
et, comme alors, tout de suite je tombe malade.

Anna Maria Castelli

Fiorenza Dal Corso – Abner Rossi

Lunedì 2 agosto 2021

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Poesia

Mozart – Symphony N°. 40 in G minor, K. 55


 

Fiorenza Dal Corso – Abner Rossi

donna in giallo

Tout autour le vent, une rivière, une bande d’asphalte

un voisin écoutant de la musique à pleine puissance

aux dépens de ma migraine
dehors plus loin des gratte-ciels fiers de leurs hauteurs
et dépourvus de toute pudeur.

Ma seule appréciation pour ces caveaux verticaux
c’est le fait qu’ils ne rôdent pas en caleçon du divan à la salle de bains
et qu’il ne s’adonnent pas à la boisson pour s’accepter.

Vous-imaginez-vous un gratte-ciel ivre

s’appuyant aux autres pour se tenir debout?

Donc je disais:
tout autour le vent, la rivière, une bande d’asphalte
un voisin écoutant de la musique à pleine puissance

aux dépens de ma migraine
et même des enfants hurlants  qui pour être des enfants
devraient avoir des mères et des pères
et ils les ont en effet…
dans mes pauses entre une condamnation et l’autre
une passe  pour le loyer de la maison,
fait passer pour le seul amour de ma vie.


Voilà, je le savais depuis hier, il est en train de pleuvoir!
Tant mieux, je le savais déjà que je ne me lèverais pas.
L’une des nombreuses “Marguerite” qui me rendent visite
est en train de se doucher, vieille ivrogne!
Après elle ira faire frire un oeuf, le dernier. Elle viendra m’embrasser
et je ne la reverrai plus, je l’espère. Hier soir elle voulait me sauver
maintenant elle va s’enfuir.J’espère qu’elle laissera les clés, au moins.


Pendant que j’étais absorbé dans ces pensées,

mon voisin est passé à Mozart

Symphony N°. 40 in G minor, K. 550
tout juste pour finir de me tuer.