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Poesia

Nessuno è veramente astemio


abner

Piccole storie che affiorano per caso

da zone d’ombra dove il tempo è strano

e dove regole che sono solo mie

chiudono pesanti porte da riaprire.

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Miscele personali di pensieri e suoni,

antiche stravaganze e circostanze

che forse andranno bene nel futuro,

ma che all’oggi mio sono negate.

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Forse, queste emersioni improvvise,

potrei anche tacciarle d’esser poesia,

qualcosa che risale con il vento

ma credo che si tratti di racconti

scritti e vissuti come passi incerti,

con lingue che da tempo non ricordo,

e strade e volti e voci dal passato.

.

Brevi commedie rivissute mille volte,

errori che definiscono il mio mondo

meglio del bene e dei riusciti sogni.

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Appunti personali per perdonare e andare,

ben oltre al ruolo svolto nel copione.

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Abner Rossi

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Poesia

Distanze e abissi


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So che non sai veramente chi sono

ed io ti ho persa in un ieri distratto.

Siamo tutti stranieri, oltre il confine

di un’intimità illusoria.

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Emigriamo da noi stessi

con abiti omologati e maschere improbabili

usando per vizio modalità scadute.

.

Siamo tutti uguali e tutti distanti,

chiusi in bolle di sapone individuali

dove ognuno è quel che crede d’essere

e la verità dei sensi trasformata in inutilità.

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La distanza, che pare successo,

la fanno gli abbracci non dati,

i baci evitati, le carezze stereotipate,

quella rete di suggestive parole

stesa con cura e con perfetta finzione.

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Pur sapendo del breve percorso obbligato

siamo felici mentre ci adoriamo l’un l’altra

con rituali di competizione e falsa nobiltà.

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Abner Rossi (giugno 2021).

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Poesia

L’arbre de demain


albero

Autrefois je grimpais à toi, les pieds nus,

de branche en branche, presque jusqu’à ta cime

où je m’arrêtais par respect,

par peur, tellement tu étais immense.

.

La branche la plus basse maintenant tu l’as perdue,

pour donner de l’âge le bon exemple,

la suivante ne me voit quasiment pas

étant accoutumée à un enfant

et, puisque j’ai vieilli, elle ne me reconnaît guère.

.

Toutefois, nous en fîmes, des batailles

des abordages sur les ponts des navires

à l’aide de cordes que je lançais de tes branches .

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Ce Tarzan-là, matelot, ses illusions.

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Nous gagnâmes parfois,

d’autres fois je rapportais les blessures,

les coudes écorchés et les genoux aussi,

ce sang-là mêlé à la poussière de bois,

les cris forts, les hurlements. Avec cet orgueil

auquel je ne renonce pas.

.

C’est toujours toi aussi précis qu’à cette époque-là

près du cimetière du village,

mon père, là, repose à ton ombre.

A ce moment-là je ne pensais pas à mes os.

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Les îles lointaines conquises

étaient des routes que j’ai parcourues rapidement

des lieux dont très souvent je ne me souviens pas.

Cette fillette-là, je ne l’ai pas eue,

mais je l’aime encore, je ne l’ai pas oubliée.

.

Personne n’est au courant de toi et des moments

où, seul, je courais à perdre haleine

jusqu’à tes branches, jusqu’à ton ombre.

.

Je pourrais te parler encore à l’infini,

rapporter ici près de toi tout mon temps

combien de fois je me suis caché dans d’autres bois,

mais je sais que je parle et j’écris dans une langue

qui n’a pas de sens, qui ne t’appartient pas.

.

Notre rendez-vous devra me suffire.

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Abner Rossi – Fiorenza Dal Corso

1° Giugno 2021.

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Poesia

Isole oltre


Le umane isole

oltre ogni pensiero, tempo e modo

solari, tempestose, oscene

come l’oltre deve essere ed è.

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Nessun particolare sconosciuto

tutto al suo casuale posto,

dov’è nessun fatto e tutti i fatti.

.

Delle tue mani il tocco.

Del tuo sorriso il suono.

Del mio volerti l’apnea.

.

Quel loro essere a metà,

come sono anche al principio e alla fine

dove l’essere nostro finisce ed inizia.

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Non luoghi e acque e montagne,

solo miliardi di passi senza orme

per le sconosciute leggi anarchiche

che muovono sia il più piccolo pulviscolo,

che le stelle.

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Isole dove ancora deve accadere

quel che deve compiersi, tradursi,

decidersi

oppure virerà verso ciò che poteva essere e non è stato.

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Poco importa l’uno e l’infinito

quando l’idea stessa di direzione è falsa.

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E in quel mare di baci nessuno scoglio

offrirà appiglio alle ancore di carta

dove sono tracciati i sogni amorosi

del primo e dell’ultimo mozzo

che in coffa ti cercherà senza vederti

pur avendoti accanto.

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E non sarà mai un calmo approdo il finale.

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Abner Rossi – 19 Maggio 2021.

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Poesia

En langue martienne standard


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Je viens de recevoir, juste moi-même

non expérimenté en langues et traductions

des mots extraterrestres

drôles, écrits avec des points et des équations

passés par des planètes, des lunes, des espaces extrèmes,

une matière aussi obscure que la poésie d’un poète.

.

Pour le moment je sais que c’est une femme qui m’écrit

ou du moins celui qui m’écrit c’est celui qui crée ces messages.

Je m’excuse pour mes paramètres terrestres,

pour les interprétations qu’on utilise chez nous,

pour la grande quantité de sons que j’emploie en parlant.

.

Si je pouvais les apprendre, j’utiliserais ces caractères-là

parmi lesquels “je t’aime” est constitué de trois points d’affilée,

une ligne brève de fermeture et au-dessous enfin

un point plus marqué, presque un baiser.

.

Timidement je demande des renseignements:

l’heure de Mars en ce moment, par exemple,

de quelle couleur est la peau d’un martien,

s’ils vont à l’église, ce qu’ils font pour être heureux,

s’ils meurent eux aussi, s’ils travaillent ou pas,

s’ils ont des maisons, des rivières, de vieilles grand-mères.

.

Je compte sur le fait qu’ils ne répondront pas

Au contraire….

Voilà que je viens de recevoir la transmission

de pages et de pages de formules numériques longues et brèves,

trop de points quasiment tous noirs, quelques couleurs.

.

La dernière page est transparente, vague, elle semble de la fumée

au milieu est dessiné un grand point,

un cercle presque parfait fait à la main

comme celui d’un enfant qui apprend à dessiner;

ce cercle palpite et entre comme l’air que je respire,

je comprends que ce sont des salutations, à peu près des signes de notes

douces et fortes

telle une embrassade rouge feu.

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Fiorenza Dal Corso – Abner Rossi