Archive for the ‘ parigi ’ Category

Ad inventarci un giorno


Frustiamo il tempo, tu ed io,

lo spingiamo al passato

galleggiando in alto

e poi a volare.

Se raggiunti da altri,

il presente s’impenna

come al cavallo che non tiene il morso,

come alla nube quando il vento muove.

E’ anche amore,

gusto per la scelta,

passaggi per strettoie improvvisate,

vie che altro occhio non vede,

essere insieme nel momento,

innata intesa…

forse solo fortuna!

Comprensione immediata

di ciò che vita inventa

per noi due.

Abner©Rossi

11 maggio

L’île de Lesbos


 

Il pleut sur les rivages

une tristesse familière,

la pluie baigne les miroirs, les vitres

efface les ressemblances.

 

Il pleut sur Notre Dame des Sirènes,

sur les rochers de Lesbos,

il pleut sur les pentes de l’histoire,

de ces couchers submergés

qui ne seront jamaiis suivis d’aubes.

 

Encore une fois, on ne peut voir cela

l’intelligence y renonce,

la peur aveugle peuples et pays

on est comme des photos racontant

une grandeur tournée en misère.

 

On est avec cette présomption

typique de l’échec, de la fin,

de la chair flétrie.

Traduzione di Fiorenza Dal Corso

della poesia Lesbo Island di Abner Rossi

lesbo

la poesia


 

Forse da un riflesso di follia,


da un’ombra in ritardo persa per strada.

Forse da un mare d’inverno,


da un bacio che sfuma in ricordo

nascosto in un luogo lontano.

Forse io chiamo poesia


il lento assopirsi di un lungo passato.

O forse poesia è solo se stessa


senza alcun altro motivo.

Mi prende o mi lascia, mi segue,


mi chiama, si scrive,


mi segna la faccia di linee e di curve

e quando le dico che l’amo

si sente invecchiata e va via.

Abner©Rossi


mercoledì 27 gennaio 2015

inverno

Sans-abri


 

Désormais toi, tu as vieilli, moi, je suis fatigué

et mes yeux ne voient plus bien,

ils rendent flous tes contours,

et ne mettent plus à feu les figures,

mais en mon for intérieur je te retrouve intacte,

la photo parfaite de notre première rencontre,

une belle image qui ne change pas

avec la fuite féroce de mon temps.

Tu étais sur le trottoir à quelques mètres

de mes cartons, de toute ma maison,

tu passais rapidement, tu ne m’as pas vu,

caché comme je l’étais, à cause du froid,

sous cet arc ancien sous le vent,

mais tu as détruit à jamais mon destin,

mon errance sans but,

ma marche décidée vers le néant,

mon refus d’avoir un sens.

Je t’ai donné un nom vraiment à moi

la seule chose que je pouvais te donner

la seule chose que je pouvais faire

pour te lier, serrée, à ma fantaisie ,

à des désirs que je ne devais pas avoir,

à des désirs, qu’il fallait effacer.

Je voudrais avoir bu moins de vin,

être resté celui que j’étais autrefois,

hélas, mes poches étaient maintenant vides,

j’étais un déchet et je l’aimais bien

j’étais quelque chose qui nétait pas vivant…

moins que rien, un Monsieur Personne

qui vit de pitié et en est content.

Pendant de nombreuses années tu as brisé mon dessin,

tu marchais sur le trottoir à quelques mètres

de mes cartons, de toute ma maison,

tu passais rapidement , tu ne m’as pas vu,

sous cet arc ancien sous le vent,

ou à son ombre appuyé contre le mur.

De là j’ai vu toute ta vie,

j’ai vu un homme pour un laps de temps,

ensuite j’ ai vu grandir tes enfants,

tes rides paraître, tes cheveux devenir gris

je t’ai vue, au fil des ans

je t’ai vue vieillir et tu étais belle.

Je t’appelais en moi-même à voix basse

par le nom que je t’avais donné,

ce nom qui pour moi n’appartient qu’à toi,

la seule chose que je pouvais donner,

la seule chose que je pouvais faire

pour t’enchaîner à ma fantaisie,

pendant que je laisser aller mon voyage

en restant avec toi dans mon coeur et dans mes yeux,

sans bouger d’un mètre de ma place.

—-

 

Fiorenza©Dal Corso

traduzione di una poesia di Abner©Rossi

titolo origianale “Homeless”